SOLIDARITɠ MAGAZINE
Bulletin de la Commission de la Solidarit� Internationale
de l�Association Voir Ensemble
� La vraie fraternit� n'est pas celle du sang, mais celle du partage. �
Proverbe africain
N� 55��������������������������������������������������������������������������� mai 2023
Si�ge : Voir Ensemble, Solidarit� Internationale, 15 rue Mayet, 75006, Paris
CCP : Voir Ensemble, Solidarit� Internationale : 5755065 L 020
T�l�phone (responsable de la Commission) : 06 60 63 96 60
Adresse �lectronique : csi@voirensemble.asso.fr
�quipe de R�daction : Yves Dunand, Andr� Maitrias, C�cile Guimbert,
������������������������ Marie-Claude Cressant, Alain Bardet, Martial Lesay
Ce bulletin est distribu� gratuitement mais les dons � la Commission de la Solidarit� Internationale pour soutenir ses actions en faveur de ses partenaires �trangers sont les bienvenus.
Les ch�ques doivent �tre libell�s � l'ordre de "Voir Ensemble, Solidarit� Internationale", et adress�s directement � :
Voir Ensemble, Commission de la Solidarit� Internationale,
15 rue Mayet, 75006 Paris.
Vous pouvez �galement effectuer des dons par virement bancaire sur le compte de la CSI :
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Nous enverrons en retour un re�u fiscal car tout don effectu� � une association reconnue d'utilit� publique donne droit � une d�duction fiscale de 66% de son montant.
Avec nos plus chaleureux remerciements anticip�s !
Une solidarit� internationale ancr�e� dans les r�alit�s du terrain
Pri�re du b�n�vole au service de la solidarit�
Retomb�es de la mission locomotion men�e au Burkina Faso en 2018
Voir Ensemble toujours bien pr�sent au Cameroun
Tout ce que nous devons � Louis Braille
Mampitasoa Handicap Madagascar
Quelques exemples de r�ussites de personnes handicap�es visuelles en Afrique francophone
Recette : Poulet ou pintade � la sauce d�arachide (Azin dessi)
� la faveur de la r�ouverture de l�espace a�rien rendue possible par le reflux de la pand�mie de COVID 19 constat� depuis plus d�un an, des membres et sympathisants de notre Commission Solidarit� Internationale ont pu � nouveau, au cours des 12 derniers mois, mener des missions dans des pays d�Afrique francophone o� nous soutenons des actions en faveur de structures �ducatives ou d�associations de personnes aveugles et malvoyantes. C�est donc tout naturellement que nous consacrons l�essentiel de ce num�ro � leurs comptes rendus qui font appara�tre un contraste saisissant entre, d�un c�t�, les conditions d�extr�me d�nuement et de pr�carit� qui font obstacle � la scolarisation des �l�ves handicap�s visuels de Madagascar, et, de l�autre, le Togo, le Burkina Faso et le Cameroun o� l�engagement opini�tre de certains responsables et le soutien de partenaires ext�rieurs ont d�j� permis des progr�s significatifs qui ne demandent qu�� �tre renforc�s. S�agissant de Madagascar, ajoutons qu�en plus des deux associations partenaires que nous soutenons dans la r�gion d�Antsirabe et � Antananarivo, nous apportons aussi notre aide � l��cole EPHATA de Fianarantsoa dirig�e par la s�ur Chantal Ruppert qui accomplit �galement un travail remarquable au b�n�fice d�une soixantaine d��l�ves qu�elle accueille en internat. Notre ami Philippe Ley, membre du comit� de la CSI et tr�sorier de l�association ECM, compte passer plusieurs mois aupr�s de cette �cole lors de la prochaine mission qu�il effectuera � Madagascar � partir de novembre 2023, dont nous aurons l�occasion de vous rendre compte dans notre prochain num�ro.
Comme vous pourrez en juger au travers des articles ci-apr�s, le contenu de ce bulletin pr�figure celui des interventions et des �changes que nous aurons � l�occasion de notre seizi�me Rassemblement solidaire des 16 et 17 septembre 2023, autour du th�me � Une solidarit� internationale ancr�e dans les r�alit�s du terrain. �
Le programme de ce week-end qui se tiendra au foyer Saint-Paul d�Issy-les-Moulineaux n�est pas encore finalis�, mais� nous pourrons � nouveau compter sur la participation de notre plus ancien et fid�le partenaire, Paul Tezanou, dont la combativit� contre la maladie qui l�a priv� de sa voix depuis d�j� deux ans ne peut que forcer notre admiration, � l�instar de celle qu�il manifeste depuis pr�s de cinquante ans pour la promotion de la scolarisation et des droits des personnes d�ficientes visuelles du Cameroun et de toute l�Afrique francophone.
Ne souhaitant pas m��tendre davantage dans cet �dito, j�ai plaisir � partager ci-apr�s un texte que nous a transmis notre aum�nier national, Herv� Rollin. Cette pri�re devrait parler � toutes les personnes, croyantes de toute confession ou agnostiques, qui s�engagent dans des actions de b�n�volat telles celles que nous menons et soutenons � la CSI.
Paris le 20 mai 2023
Permets-moi, Seigneur, de te confier ma bonne volont� lorsque je rencontre les personnes d�munies et parfois accabl�es par le ch�mage, la maladie, la pauvret�. Fais que je sache les accueillir et les �couter sans pr�jug�s, mais en v�rit�. Que je me laisse instruire du r�cit de leur itin�raire et m�efforce de le recueillir dans le respect de leur dignit�.
Dans le service b�n�vole que je m�engage � accomplir, tiens-moi �loign� de tout esprit de sup�riorit� et de d�magogie, donne-moi d��tre lucide et positif. Aide-moi � discerner en la vie de ces personnes les signes de leurs capacit�s � affronter les difficult�s travers�es et les braises encore incandescentes de leur Esp�rance de jours meilleurs.
Seigneur J�sus, aide-moi � garder une attitude ouverte et sereine, courageuse et g�n�reuse, qui manifeste assez la foi en l�humain que je dois avoir devant des vies �clat�es ou �teintes. Fais que, au-del� de l�obscurit� que traversent ces personnes que je rencontre, je sache d�couvrir avec elles des raisons concr�tes de percevoir la lumi�re. Donne-moi d�agir au mieux, mais jamais sans elles. S�il faut les secourir aujourd�hui, que je m�int�resse � ce qu�elles deviendront demain et dans la dur�e.
Tout en m�investissant avec c�ur et intelligence, que je sache partager avec d�autre les interrogations et les h�sitations que suscite mon engagement aupr�s des plus pauvres. Tout en luttant avec ces personnes, ces familles, ce monde, que je sache enrichir ma propre vie des le�ons morales et des messages spirituels que ce b�n�volat diffuse. (...)
Seigneur J�sus, comment ne pas te remercier, Toi, le P�re et l�Esprit, pour ce choix de cheminement avec les plus pauvres que vous m�avez sugg�r�, car il apporte sa petite contribution � l�am�lioration non seulement de leurs conditions de vie, mais �galement de ma propre vie, devenue plus ouverte et plus impr�gn�e de compassion, de bienveillance et de confiance.
P�re Lucien Marguet, Cur� des paroisses de la Providence en Vouzinois, de la Trinit� des Monts et des Marches d�Argonne
Dans le cadre du suivi des actions men�es au Togo, la Commission de la Solidarit� Internationale (CSI) de Voir Ensemble m�a mandat� pour visiter les structures partenaires et surtout rencontrer les responsables, les enseignants et les �l�ves. En privil�giant le contact physique, la CSI souhaite construire un partenariat fond� sur des relations humaines de confiance r�ciproque.
Arriv� � Sokod� un dimanche apr�s-midi, j�ai pris contact imm�diatement avec le directeur de l�IFRAM pour �tablir le programme de la journ�e du lundi. T�t le matin, nous nous sommes rendus � la ferme agropastorale, point d�orgue de ma visite.
En Afrique, l�agriculture demeure encore une activit� de subsistance caract�ris�e par une faible productivit�, par l�absence de technologies appropri�es et d�une diversification susceptible de cr�er une v�ritable dynamique entrepreneuriale dans le secteur. N�anmoins, des opportunit�s de g�n�ration de revenus et de cr�ation d�emplois existent dans le secteur agricole. C�est pourquoi, au-del� de la dimension de production et d'autosuffisance alimentaire pour l'IFRAM lui-m�me, l�autonomisation des d�ficients visuels par une formation qualifiante en agriculture est un atout s�rieux qui donne tout son sens au projet. � La terre ne trompe jamais �, aime � r�p�ter le directeur, M. Paoubadi NABEDE, qui consid�re que l�agriculture peut �tre un secteur cl� pour l�autonomie des personnes aveugles. Assurer un avenir aux jeunes sortis du syst�me scolaire et aux adultes d�ficients visuels, tel est son but. Pour y parvenir, il n�h�site pas � bousculer ses alli�s et � tenter de convaincre de nouveaux partenaires.
Cette initiative de l�IFRAM est � l�image de la ferme-�cole Songha� au B�nin, un centre de production, de formation, de recherche et d�veloppement en agriculture durable, une r�f�rence en Afrique sub-saharienne. Il serait int�ressant que Paoubadi et son technicien agricole puissent y effectuer un stage d�observation.
Lors de mon passage � l�IFRAM en 2017 accompagn� de Patty Bodet, nous estimions que si ce projet se concr�tisait dans un proche avenir, il constituerait une ressource pr�cieuse pour le centre. Aujourd�hui, nos projections sont devenues une r�alit�. Cette ferme-�cole, d�nomm�e � Ferme Don Riccardo �, du nom du pr�sident de la Luce Venga r�cemment d�c�d� qui avait octroy� le terrain de 4 hectares, pr�sente trois cultures : des c�r�ales (ma�s, sorgho), des l�gumineuses (haricots, soja), des tubercules (manioc, ignames). Des cultures mara�ch�res (plantes potag�res locales, salades, concombres, tomates, carottes...) compl�tent le tableau.
Les r�alisations dans le cadre du projet comprennent :
- les infrastructures d�installation : un b�timent de 2 pi�ces servant de dortoir pour les filles, des sanitaires, le logement du gardien, un poulailler de 15 m�tres de long sur 5 de large scind� en trois compartiments, une poussini�re, un puits, un forage de type photovolta�que, une parcelle cl�tur�e d�di�e � la culture mara�ch�re, une adduction d�eau de 300 m�tres environ, desservant le jardin potager et les habitations (cf. photo ci-jointe) ;
- c�t� logistique, un tricycle sert au transport des intrants et produits agricoles, et une moto sert pour les d�placements du personnel ;
- en ressources humaines, on compte un technicien agricole et un gardien.
� ce jour, les r�alisations sont � la hauteur des ressources mobilis�es. Cependant des besoins compl�mentaires restent � satisfaire : la construction et l��quipement d�un magasin de stockage des intrants et produits agricoles, une salle de formation, un dortoir pour les gar�ons, ainsi qu�un enclos pour l��levage des petits ruminants.
Une audience avec le ministre de l�Enseignement technique m�a donn� l�occasion de plaider pour la validation par les autorit�s administratives de la formation professionnelle dispens�e par l�IFRAM et pour la prise en charge du technicien agricole comme agent de l��tat. Concernant ce dernier point, le ministre a promis d�en tenir compte � l�occasion du prochain concours de recrutement.
L��quipe de l�IFRAM remercie la CSI pour l�aide financi�re qu�elle lui a fournie dans le cadre du projet Don Riccardo, pour celle qu�elle pourrait �tre pr�te � engager et pour les partenaires qu�elle pourrait �tre pr�te � mobiliser � cette fin.
Notez qu�une vid�o montrant l�IFRAM de Sokod� et sa ferme agropastorale est en ligne sur la cha�ne YouTube de Voir Ensemble au lien suivant :
https://www.youtube.com/watch?v=rCbdPINsHl4
Le personnel d�encadrement de l�IFRAM compte 12 enseignants, dont 5 non-voyants. La CSI finance la r�mun�ration de deux d�entre eux, non �ligibles pour un statut de fonctionnaire en raison de leur �ge. Les liens de proximit� du personnel d�encadrement donnent � cet �tablissement l�image d�une famille unie et solidaire.
La rencontre �l�ves-professeurs a d�voil� les besoins prioritaires des �l�ves en classes d�examen, notamment des calculatrices sonores munies d�oreillettes et, plus g�n�ralement, des kits de g�om�trie et du papier braille pour confectionner des documents de base en anglais et en allemand dont ils sont priv�s. Une papeterie de Lom� commercialise des rames de papier adapt� aux besoins de l�impression en braille. C�est une solution d�approvisionnement local � privil�gier.
Le CPSA compte 13 enseignants. La r�mun�ration de 11 d�entre eux est prise en charge par l��tat togolais, celle des 2 autres par la CSI depuis 2018.
Parmi les besoins prioritaires du centre figure le recrutement d�un gardien pour la s�curit� et d�une �ducatrice d�internat pour accompagner les filles en mati�re d�hygi�ne et prendre en charge les tout-petits. S�y ajoute la r�mun�ration de la cuisini�re.
Dans le cadre des mesures prises par l��tablissement, depuis 2018, une contribution des parents est demand�e pour la restauration des �l�ves, d�un montant de 45 000 CFA par an et par enfant, soit environ 69 euros. Malheureusement, toutes les familles n�arrivent pas � honorer cet engagement. Par souci de solidarit�, les enseignants versent chaque ann�e une contribution volontaire pour le budget nourriture, dont le montant total varie de 220 � 300 euros.
Pendant les vacances, les locaux du CPSA sont lou�s � des mouvements chr�tiens. L��t� dernier, l�op�ration a rapport� 782 000 CFA, soit environ 1 190 euros. Les ressources provenant de cette location servent � financer les frais d��lectricit� et les petits travaux d�entretien.
Le 21 d�cembre 2022, l��tablissement a organis� pour la premi�re fois une journ�e portes ouvertes. � cet effet, la Direction a lanc� une cinquantaine d�invitations. Le matin, diverses animations �taient pr�vues au sein de l��tablissement. L�apr�s-midi, une caravane arborant des flyers a emprunt� les principales art�res de l�est de la ville de Lom�.
Depuis 2017, en partenariat avec plusieurs organismes et par le biais des b�n�voles qu�elle envoie, l�association lyonnaise Ergo Togo vise � d�velopper l�ergoth�rapie au Togo, � sensibiliser au handicap et � am�liorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap.
L�id�e du partenariat est n�e de ma rencontre � Lyon en 2021 avec la pr�sidente de l�association, Mme Ga�lle FERLAY. Cela s�est concr�tis�, le 4 novembre 2022, par une journ�e de sensibilisation � l�ergoth�rapie, au centre Saint-Augustin � Lom�.
Des annonces � la radio et des appels t�l�phoniques ont permis de mobiliser une soixantaine de personnes pour cette journ�e, dont des repr�sentants du Centre d�enseignement sp�cialis� pour aveugles (CESA), de la F�d�ration togolaise des associations de personnes handicap�es (FETAPH), de l�Association pour le bien-�tre et l��panouissement des aveugles (ABEA). Tout le CPSA �tait au rendez-vous ainsi que l��quipe d�Ergo Togo. Retenu aux ateliers du programme DEFISENS-AO, le pr�sident de l�Association Togolaise des Aveugles (ATA) �tait repr�sent� par son vice-pr�sident, ma�tre AWOKOU, non-voyant, greffier � la Cour d�Appel de Lom�.
Le projet a fait un pas suppl�mentaire le 9 novembre 2022, avec la signature d�une convention de partenariat entre Ergo Togo, l�association fran�aise � Ton Village t�appelle � (ATVA), et l�Association Togolaise des Aveugles (ATA). Cette convention a consacr� la volont� des parties de contribuer au d�veloppement de l�ergoth�rapie au Togo, en favorisant l�int�gration des personnes d�ficientes visuelles au sein de leur communaut� par un accompagnement sp�cialis�.
La convention pr�voit que l�association Ergo Togo :
- recrutera, formera et encadrera de futurs b�n�voles,
- participera � l'�quipement de la salle d'ergoth�rapie en apportant des dons de mat�riel adapt�,
- informera l�ATVA et l�ATA, lieu d�accueil pour le projet, de l�organisation et des modifications significatives de sa mission.
Avec l�appui du CICR, de Humanit� Inclusion (ex Handicap International) et de la CBM, une fili�re d�ergoth�rapie verra le jour � Lom� en 2023, au sein de l��cole nationale des auxiliaires m�dicaux (ENAM). Il est pr�vu un socle commun avec les fili�res de psychologie, d�orthophonie et de kin�sith�rapie, puis des cours sp�cifiques � l�ergoth�rapie avec des formateurs venus de France.
Le projet KEKELI-DJAMA (lumi�re pour tous) a �t� lanc� � partir de 2012 avec l�appui technique de l�Institut Mont�clair d�Angers. Il r�sultait d�une dynamique collective qui s�est construite d�s 2010 en Afrique de l�Ouest entre les mutualistes fran�ais et les institutions ouest-africaines, en faveur des personnes en situation de handicap sensoriel du Togo, du B�nin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, rejoints plus tard par la C�te d�Ivoire.
Au Togo, les retomb�es ont abouti notamment au renforcement du r�le de l�ATA. Ainsi ont �t� form�s des instructeurs en locomotion et activit�s de la vie journali�re, des enseignants sp�cialis�, des formateurs en bureautique adapt�e, des sp�cialistes dans la maintenance des embosseuses et outils informatiques de transcription. Aujourd�hui, � l�av�nement de l��ducation inclusive, ces professionnels sont utilis�s pour accro�tre les capacit�s des enseignants ordinaires qui accueillent dans leurs classes des �l�ves en situation de handicap.
Ces acteurs travaillent �galement en synergie ou en r�seau avec les autres pays. Par exemple, pour plus d�efficacit�, dans le cadre d�une activit� donn�e, on invite un formateur togolais pour apporter un appui � son partenaire b�ninois.
Le 27 octobre 2022, j�ai assist� au lancement du projet r�gional DEFISENS-AO, acc�s des personnes d�ficientes sensorielles aux services de pr�vention, de d�tection et d�accompagnement, port� en consortium par Mutualistes sans fronti�res, VYV3 Pays de la Loire, et soutenu par l'Agence fran�aise de d�veloppement (AFD), sur la p�riode qui s'�tend du 1er janvier 2022 au 31 d�cembre 2024. Ce projet s�inscrit dans la suite du projet KEKELI-DJAMA.
Lors de la session qui s�est tenue du 26 octobre au 4 novembre 2022, les travaux ont port� d�abord sur la planification des activit�s par rapport aux axes th�matiques, puis sur l�animation d�ateliers autour de quatre axes : le plaidoyer, le projet d��tablissement, la sensibilisation et l��ducation inclusive.
Au cours de son intervention, le repr�sentant du consortium a formul� le v�u que le projet DEFISENS-AO devienne exemplaire en mati�re de relations entre les partenaires, au service de tous leurs concitoyens. Les personnes en situation de handicap, les plus vite oubli�es lorsque les relations se tendent entre les pays, doivent trouver dans ce projet l�assurance d�une meilleure prise en compte de leurs r�alit�s.
Cette mission m�a donn� l�occasion de reprendre contact une fois de plus avec les r�alit�s du quotidien des structures togolaises, les probl�mes de transport, les effets de l�inflation... �
Elle m�a aussi confirm� le s�rieux et la motivation des acteurs sur le terrain, malgr� leurs moyens limit�s.
Les rencontres physiques raffermissent le partenariat et cr�ent la confiance. � Quand on aime quelqu�un, on lui rend visite �, disait un enseignant de l�IFRAM.
En f�vrier 2018, en r�ponse � une proposition de mission faite par deux instructrices en locomotion, Carine Briant et Flora Touja, la CSI avait organis� et cofinanc� une sensibilisation � l��cole des Jeunes Aveugles de Ouagadougou. Avec un recul de cinq ans, alors que nos deux amies s�appr�tent � partir au Cameroun � l��t� prochain pour animer une nouvelle formation aupr�s du CJARC de Yaound�, nous avons plaisir � publier les r�ponses au questionnaire qu�elles avaient adress� � nos partenaires burkinab� pour �valuer l�impact de leur premi�re mission dont l�objectif �tait : � Am�liorer l'autonomie et la s�curit� de d�placement des personnes d�ficientes visuelles par l'apprentissage de techniques sp�cifiques et la d�couverte du plaisir � se d�placer. �
Question : Quels sont les b�n�fices retenus ?
R�ponse : Les b�n�fices de la session de formation sont importants, car par cette formation les acquis n�ont pas �t� profitables aux professionnels de l�UN-ABPAM uniquement mais � tout le personnel, aux �l�ves et � certains de leurs parents. La sensibilisation a �t� faite avec les parents d��l�ves et les parents d�accueil. Les b�n�fices de la session de 2018 servent toujours de base pour certaines activit�s pour les apprenants d�ficients visuels au niveau de l�UN-ABPAM, � Ouaga comme dans les r�gions et les zones d�centralis�es.
Question : Pouvez-vous donner une explication succincte sur ce qui a �t� r�alis� � partir de tout ce qui a �t� abord� ensemble ?
R�ponse :
1. Sur la technique de canne
Les techniques de locomotion ont �t� enseign�es aux enfants pendant les jours de classe aux heures indiqu�es pour l�activit�.
La fabrication du petit mat�riel par les enseignants eux-m�mes pour la concr�tisation de certaines le�ons a �t� un point tr�s important qui a permis aux professionnels de pratiquer leur enseignement en toute autonomie, surtout en mati�re d�observation et de calcul.
En ce qui concerne les supports p�dagogiques, plusieurs fiches p�dagogiques ont �t� �labor�es sur tous les th�mes possibles de la locomotion et des AVJ (activit�s de la vie journali�re). Ce travail a �t� possible gr�ce � l�engagement des professionnels et de toute l��quipe enseignante de l��cole, en s�appuyant bien entendu sur les acquis de la formation. Ces fiches p�dagogiques sont utilis�es dans toutes les classes.
2. Sur la technique de protection (port de casquette...)
Les techniques de guide voyant, les techniques de protection int�rieure et ext�rieure, les techniques d�utilisation de la canne blanche et de la pr�-canne pour les �l�ves du CP sont ins�r�es dans le programme d�enseignement des classes primaires.
3. Sur l�accompagnement � l�utilisation des sens compensatoires et � la repr�sentation mentale spatiale, dans les d�placements
L�utilisation des sens compensatoires dans les d�placements et pour toutes les activit�s scolaires et/ou sociales est toujours abord�e dans les classes (utilisation des restes visuels, de l�odorat, de l�ou�e et du toucher) et font parties int�grantes des programmes d�enseignement du pr�scolaire et du primaire.
Question : Qu�est-ce qui a manqu� pour faire perdurer la sensibilisation (apport th�orique, technique etc.) ?
R�ponse : La sensibilisation � la d�ficience visuelle se d�roule toujours tr�s bien au niveau des classes et au sein de la structure, mais aussi au profit des mamans d�accueil.
Ce qui a �t� tr�s difficile � r�aliser est le transfert de certaines techniques de locomotion � l'entourage familial des enfants. Cela est d� au fait que les parents ne sont pas disponibles et que certains ne s�int�ressent pas � cette activit�. Pour ceux qui sont int�ress�s, il faudra mettre des moyens en place (financiers et/ou mat�riels) pour assurer ce transfert. Sinon, rien ne peut convaincre les parents quant � l�application de ces techniques pour leur enfant.
Question : Avez-vous rencontr� des obstacles dans votre pratique professionnelle ?
R�ponse : La planification des activit�s p�dagogiques, lorsqu�elle ne prend pas en compte toutes les activit�s, et le manque de moyens financiers pour former les parents.
Question : Qu�en est-il de la sensibilisation des autres professionnels de l'UN-ABPAM � la locomotion ?
R�ponse : La sensibilisation des autres enseignants de l�UN-ABPAM a �t� poursuivie de fa�on individuelle, et pour chaque classe. Les professionnels passaient dans les classes � tour de r�le � une heure indiqu�e par le titulaire de la classe pour une s�ance de sensibilisation. La sensibilisation � la d�ficience visuelle a �t� �galement pratiqu�e � Ouagadougou sur des parents d��l�ves et des familles d�accueil.
Question : Quels �taient les �l�ments de marquages et d�accessibilit� utilis�s ?
R�ponse : Les marquages au sol n�ont pas dur� longtemps � cause du climat local. Les bandes adh�sives n�ont pas r�sist� au soleil, � la poussi�re et aussi aux pluies. Les marquages en peinture n�ont pas dur� non plus. La couleur s�est vite att�nu�e � cause de la chaleur.
L�id�al pour ces marquages serait d�utiliser du b�ton l�ger et d�employer des textures diverses pour le sol. Et pour les peintures rechercher d�autres produits qui puissent r�sister plus longtemps.
Finalement, nous avons travaill� beaucoup plus � la repr�sentation mentale spatiale de toute l��cole avec des objets de rep�rage et en utilisant la maquette de l'�tablissement. Cela a permis aux enfants de se situer dans la cour et de se d�placer en toute autonomie.
NB : Depuis que l��cole est devenue inclusive, certaines activit�s portant surtout sur la sensibilisation concernent tous les �l�ves voyants inscrits � l��cole de l�UN-ABPAM.
Depuis plusieurs d�cennies, la Commission de la Solidarit� Internationale de Voir Ensemble soutient le d�veloppement de structures �ducatives pour enfants et adolescents d�ficients visuels au Cameroun. Du 18 au 24 septembre nous y �tions pr�sents pour deux raisons un peu diff�rentes.
Avec une coll�gue de travail d'origine camerounaise, nous souhaitions introduire au Cameroun le showdown, sorte de tennis de table adapt� aux personnes-non-voyantes qui conna�t un grand engouement en France et sur le plan international. Nous avions d'abord pens� faire venir le dirigeant d�une association engag�e dans la promotion des sports pour personnes d�ficientes visuelles dans son pays. Toutefois, les difficult�s administratives et financi�res pour sa venue nous ont pouss�s � explorer d'autres pistes.
Cette coll�gue de travail, Angelina Tezanou, m'a inform� de la tenue d'un s�minaire les 21 et 22 septembre � Yaound�, sur l'appropriation des instruments juridiques de promotion des droits des personnes handicap�es ratifi�s par l'�tat camerounais, sous l'�gide de son fr�re, Paul Tezanou, Pr�sident de l'Union Francophone des Aveugles et de l'Association Nationale des Aveugles du Cameroun. Je me suis donc dit que cela me donnerait l�occasion de pr�senter le showdown, et de participer, dans le m�me temps, � ce s�minaire en tant que vice-pr�sident de Voir Ensemble.
Le lundi 19 septembre, avec ma compagne Marie-Annick Monchatre, adh�rente de l�association et administratrice � l'Union Fran�aise du Showdown, nous avons pr�sent� cette discipline au Pr�sident et au Directeur Technique National de la F�d�ration camerounaise de sports pour d�ficients visuels (FECASDEV) ainsi qu�� un certain nombre de personnes aveugles et malvoyantes. Pour ce faire, j�avais apport� du mat�riel (gants, balles, raquettes, masques opaques) financ� par l'association Angel Music/Cecimode d'Angelina Tezanou et nous avons jou� sur une table fabriqu�e sur place et partiellement financ�e par Voir Ensemble. Cette pr�sentation a rencontr� un si vif succ�s que �Marie-Annick et moi-m�me sommes retourn�s � Yaound� du 4 au 7 avril 2023 pour animer un stage d�initiation qui devrait permettre l�implantation du showdown en tant que nouvelle discipline sportive pour les personnes d�ficientes visuelles au Cameroun.
La promotion des droits au Cameroun
En amont du s�minaire pr�cit�, nous avons �t� tr�s chaleureusement re�us, le mardi 20 septembre, Paul Tezanou et sa suite, Marie-Annick et moi-m�me ainsi que Jean-Paul Millier, Pr�sident de l'association Aveugles Sans Fronti�res, par le Pr�sident de la Commission des Droits de l'Homme du Cameroun. Les �changes ont �t� tr�s riches. Notre interlocuteur s'est montr� tr�s � l'�coute et tr�s investi dans son action pour la promotion des droits des personnes handicap�es visuelles.
Le mercredi 21 septembre avait lieu l'ouverture du s�minaire � l'h�tel Hilton de Yaound�. � cette occasion, les repr�sentants du gouvernement camerounais et les partenaires fran�ais pr�sents, Voir Ensemble et Aveugles Sans Fronti�res, ont prononc� des discours en faveur de la promotion sociale des personnes aveugles et malvoyantes. C'est �galement � cette occasion que la Ministre des Affaires Sociales a remis � M. Paul Tezanou la m�daille nationale de l'Ordre de la Valeur.
Des sujets de premi�re importance
Le s�minaire des 22 et 23 septembre a port� sur les th�mes suivants :
Ce s�minaire �tait fort enrichissant et participera, sans aucun doute, � faciliter l'appropriation des instruments juridiques de promotion des droits des personnes handicap�es visuelles au Cameroun.
Ce jeune fran�ais qui a invent� une �criture tactile s�imaginait-il qu�il aiderait tous les aveugles du monde entier ? Toutes les �critures, japonaise, chinoise, arabe, ont �t� adapt�es en lettres ou signes gr�ce aux six points. C�est pour mettre ceci en valeur que, � l'occasion de la f�te organis�e le 22 juin 2022 pour comm�morer le 70�me anniversaire de l'entr�e de Louis Braille au Panth�on, Mohamed AZZOUZ a lu en arabe le texte �crit par M. Ali Bouabdallah Ali et traduit en Fran�ais par M. Ali Hayouna. En voici ci-dessous la version fran�aise :
Assis � son bureau o� tr�nait un ordinateur dot� d�un lecteur d��cran JAWS, l�homme se rem�mora les principaux �v�nements de sa vie.
Cela avait commenc� le jour o� la ma�tresse d��cole avait demand�, lors d�un examen, de r�diger un texte sur l�importance des cinq sens, en insistant sur celui dont la perte causerait moins de probl�mes.
Il n�avait pas r�pondu directement � la question. Au contraire, il avait insist� sur l�importance de la vue, sur son caract�re capital et indispensable. Il pensait alors que � perdre la vue� �tait synonyme de � perdre la vie �.
H�las ! il ne s�imaginait pas encore la violence et la cruaut� du coup que le sort allait lui porter, � peine quelques mois plus tard, lors de l�accident fatal o� il perdit la vue sans toutefois perdre la vie.
D�s lors, il sombra dans un abattement total, broyant du noir chaque minute, chaque heure, chaque jour. Il avait perdu toute joie de vivre et se croyait condamn� � l�ignorance et � l�isolement pour le restant de son existence.
Cependant, on l�informa bient�t que les personnes handicap�es de la vue pouvaient suivre un enseignement gr�ce � un syst�me d��criture adapt�, appel� �criture braille. Ainsi, il rejoignit, sans grande conviction, une �cole sp�cialis�e pour aveugles o� il apprit � lire et � �crire gr�ce � la m�thode braille. Il entreprit alors un long voyage jalonn� de succ�s � travers le lyc�e, puis l�universit�, et enfin l�entreprise o� il exer�a avec brio sa profession, n�ayant rien � envier � ses pairs voyants.
En repassant ces �v�nements dans sa m�moire, il ferma les yeux et sombra dans la l�thargie. Il crut entendre un de ses anc�tres non-voyant admonester Louis Braille :
� Ne pouvais-tu pas na�tre avant moi ? en l�absence de ta m�thode d��criture, j�ai v�cu dans l�ignorance totale, dans l�isolement complet, d�laiss� par tous, contraint � mendier ma maigre pitance ! �
Il sorti de sa r�verie au bout de quelques instants. Il se leva et se rapprocha de sa biblioth�que pour parcourir des doigts les titres de quelques ouvrages et feuilleter quelques revues et brochures. Puis il se souvint qu�il �tait temps de prendre son m�dicament, ce qu�il fit sans l�aide d�autrui, en lisant l�inscription braille sur la bo�te.
Il se rassit en songeant � Louis Braille, aux aveugles qui l�ont pr�c�d� et � ceux qui sont venus apr�s lui. Il s�adressa � sa m�moire :
� Louis mon sauveur ! �Il est vrai que J�sus avait le pouvoir de gu�rir les aveugles ! certes, toi tu ne m�as pas rendu la vue, mais tu m�as ouvert les portes de la connaissance, tu m�as permis d�acc�der � la technologie, tu m�as conduit dans le monde du travail, tu m�as valoris� ! �
Il se souvint qu�un jour son fils lui avait demand� :
� Papa, qui �tait Louis Braille ? �tait-il un enseignant �m�rite ? ou un m�decin ? ou un savant ? �
Il avait r�pondu :
� Vois-tu mon fils, Louis Braille �tait tout cela en m�me temps. Il demeurera comme un arbre �ternel dont les fruits r�galeront tous les aveugles du monde entier. �
En revanche l'un des enfants a interrompu sa scolarit� en d�cembre sans que l'on puisse joindre sa famille. La situation �conomique a d� jouer malgr� que MHM assurait les frais m�dicaux de cet �l�ve fragile.
Deux nouveaux jeunes ont rejoint le groupe de classe, mais on note une fragilit� de ces cursus malgr� l'engagement et la volont� des membres de MHM, les al�as et difficult�s �conomiques des familles pouvant mettre � bas les efforts de plusieurs mois ou ann�es.
L'�quipe d'encadrement est toujours compos�e de M. TAHIANA (enseignant), ROJO (en charge de l'inclusion et de l�accompagnement), M. JEANNOT (qui enseigne la musique) et FANJA (titulaire d'un master informatique mais qui a une r�elle capacit� d'encadrement scolaire et qui va remplacer ROJO qui attend un b�b�).
Fin avril, l��quipe a eu une grande douleur suite au d�c�s d�une des �l�ves, �g�e de 14 ans. Un moment difficile pour sa famille mais aussi pour les camarades et membres de l�association.
Celle-ci reste mobilis�e autour de ses objectifs, g�rant les probl�mes de sant�, de nutrition et d�encadrement �ducatif lorsque les familles sont en difficult�. Malgr� cela, les r�sultats sont satisfaisants, les moyennes se situant entre 6,50 � 7,65 sur 10.
Le rapport fait �tat aussi de la vie et de la cr�ativit� qui guide leur engagement lors de cette ann�e : la participation aux journ�es de l'environnement, les activit�s de r��ducation gr�ce aux id�es et mat�riels imagin�s par Mireille et Martial suite � leur visite de l'INJA, et la mise en place d'un atelier de sensibilisation � la musique...
L��quipe a �galement su mobiliser une volontaire japonaise qui a apport� son soutien b�n�vole au service des enfants et �tudiants.
Les engagements financiers ont �t� respect�s de fa�on rigoureuse, l'essentiel couvrant les frais de transport des enfants (condition � la scolarisation), le paiement d'indemnit�s pour les encadrants et les frais p�dagogiques et d'�quipement.
L'�quipe de MHM termine son rapport avec ses objectifs visant � la p�rennisation des r�sultats, un d�fi engag� depuis sa cr�ation en 2016 :
Un budget a �t� sollicit� � hauteur de 1850� pour l�ann�e 2022-2023, engagement que le Groupe Voir Ensemble Puy-de-D�me soutiendra gr�ce au don du Lions Club des Volcans (1000�) et des autres dons re�us et remis � la CSI pour satisfaire les demandes de nos partenaires.
Les �tudiants accompagn�s par MHM
Pour ceux-ci, le parcours fut difficile ces derni�res ann�es : pand�mie, irr�gularit� dans la dispense des cours suite aux gr�ves r�guli�res des enseignants (non paiement de leur traitement), difficult�s �conomiques et alimentaires, �loignement par rapport � l�Universit� du CNDV (Centre Num�rique pour D�ficients Visuels), d�t�rioration du mat�riel cons�cutive aux surtensions �lectriques...
Malgr� tous ces al�as, des r�ussites, comme celle de Connors, dipl�m� en Sciences �conomiques. (photo ci-jointe)
Avec lui ce sont 11 �tudiant(e)s dont 9 non-voyants qui sont accompagn�s par MHM dans leur cursus : 3 en sociologie,2 en langue anglaise et malagasy, 2 en communication, 1 en gestion et 1 en g�ographie.
Constant dans son soutien aupr�s de la CSI, le Lions Club d�Issoire a remis, en janvier 2023, 2000 euros au Groupe du Puy de D�me, pour accompagner le parcours vers la r�ussite des �tudiants. Cette dotation sera affect�e � l�aide n�cessaire d�termin�e par notre partenaire MHM, pour :
La CSI est fi�re de compter de tels partenaires qui �uvrent, avec d�autres, � la r�ussite et � la promotion de la dignit� des personnes aveugles et malvoyantes.
ECM, Entraide C�cit� Malagasy, est une association loi 1901, cr��e en f�vrier 2022. Elle a pour objet principal la scolarisation de jeunes d�ficients visuels dans la r�gion d'Antsirabe et alentours.
� ce jour, ECM accompagne une vingtaine d'�l�ves, �g�s de 5 � 21 ans, de la maternelle � la terminale. � part deux jeunes filles fr�quentant un �tablissement sp�cialis�, tous les autres sont en inclusion dans des �tablissements ordinaires.
Du fait de la grande pr�carit� des familles, et en l'absence d'aide de l'�tat, la prise en charge des jeunes concerne plusieurs domaines � la fois : social, sanitaire et p�dagogique.
� transcription des sujets et des copies pour les devoirs et lors des examens.
Certains de nos b�n�ficiaires n�cessitent en outre une attention particuli�re � cause de maladies chroniques ou de handicaps associ�s. Par exemple, �g� de 5 ans, le petit Micka�l souffrait de crises d'�pilepsie et de troubles de croissance. Son �tat s'am�liore et il est � pr�sent tr�s content d'aller � l'�cole, avec ses nouvelles lunettes. ECM se fait �galement un devoir de soutenir Olga et ses deux cadets apr�s le d�c�s, au mois de f�vrier, de leur maman, m�re isol�e, vivant des travaux des champs.
Voici quelques exemples de d�penses effectu�es par ECM : 1,50 � 2,50� la consultation subventionn�e, 9� � 30� la paire de lunettes, 0,30� le repas de midi,2,50� par mois de compl�ment alimentaire,1� une heure de cours particulier. En moyenne, l'aide octroy�e � chaque �l�ve s'�l�ve � environ une vingtaine d'euros par mois.
Aujourd'hui, l'essentiel du travail au quotidien est assur� par un couple tr�s d�vou� de b�n�voles locaux. La pr�sidente d�ECM �tait � Antsirabe de novembre � janvier, tandis que le tr�sorier �tait pr�sent � Madagascar deux fois trois mois depuis septembre. Tous les deux voyageaient � leurs frais.
ECM a la promesse d'un nouveau partenaire pour des d�penses indispensables, comme le salaire d'un coordinateur ou le loyer pour un local.
L�association souhaiterait poursuivre et d�velopper ses activit�s : suivi p�dagogique, aide sanitaire et sociale, soutien aux activit�s sportives, cr�ation d'un atelier de cannes en alu, constitution d'une m�diath�que braille et sonore, mise en place d'un poste de transcription...
L'autonomie et l'inclusion sociale des jeunes d�ficients visuels passent n�cessairement par leur scolarisation. La CSI, premier soutien de ECM, apporte une aide pr�cieuse : mat�rielle, financi�re, logistique et surtout morale.
Merci pour EUX !
Reine Rajaonarisoa, pr�sidente d'ECM
Contact pour plus d�information ou pour apporter votre soutien � l�association ECM :
�g� de 42 ans, mari� et p�re de trois enfants, Hamidou Pouye, ancien �l�ve de l'Institut des jeunes aveugles (INEFJA) de Thi�s (S�n�gal), qui souffre d'un handicap visuel depuis son enfance, a su se frayer un chemin dans le journalisme. Pour lui � la vie est un d�fi, un exploit � r�aliser, des obstacles � franchir, une histoire � �crire �.
Hamidou, dont le p�re �tait aussi malvoyant, a r�ussi � mettre sur pied Sen Vision M�dias, une web radio qui diffuse des informations dans le respect des r�gles d'�thique et de d�ontologie.
Sa passion pour les m�dias date de son enfance :
� Quand j'�tais en 5e � l'INEFJA1997), j'avais install� une radio FM. Mes camarades de classe captaient les �missions qu'elle diffusait depuis ma chambre. [...] Faute d'un cadre adapt� aux personnes en situation de handicap visuel au S�n�gal, apr�s mon bac en 2007, j'ai d� patienter jusqu'en 2012 avant d'acc�der � la formation de mes r�ves, m'inscrivant � l'�cole sup�rieure de la presse, de l'information et des techniques de sant� de Thi�s. Apr�s trois ans de formation cette �cole ferme sans m�avoir permis de soutenir mon m�moire de fin d'�tudes. [...] J�ai travaill� pour plusieurs radios locales durant 3 ans. De l'exp�rience acquise durant cette formation sur le tas est n�e une cha�ne YouTube et un site Internet et finalement la cr�ation en 2018, de la radio Sen Vision M�dias qui est la concr�tisation de mon r�ve de journaliste de radio. �
Sen Vision M�dias est anim�e exclusivement par des personnes en situation de handicap visuel.
Le journaliste cr�e aussi Afreeka Beat Radio, une web radio d�di�e � la musique ainsi qu'Al Misbax Radio, qui diffuse via Internet des contenus sur l'islam au S�n�gal.
� J'ai install� moi-m�me le studio et branch� les c�bles et tous les autres outils n�cessaires � l'installation et � la configuration des radios. �
Soucieux de partager ses connaissances, Hamidou Pouye dispense des cours � l'INEFJA. � J'ai une classe de sept �l�ves et je partage ma vie quotidienne entre l'�cole et la radio. �
Hamidou r�ve de faire �voluer les mentalit�s et de cr�er des emplois afin que handicap ne rime plus avec mendicit� et que ses fr�res vivent dignement de leur travail.
Source : APS le 21 avril 2023
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C'est en traitant le th�me "L'enseignement du braille au primaire et au secondaire, une alternative pour une �ducation inclusive au Burkina Faso" que Tania Tindano a obtenu son dipl�me d'assistante en sciences et techniques de l'information et de la communication � l'ISTIC, avec la note de 18/20.
Premi�re �tudiante malvoyante � l'Istic, le choix de ce th�me trouvait sa source dans les tentatives de rejet dont elle avait �t� victime au coll�ge o� les enseignants ne ma�trisaient pas le braille.
� J'ai vraiment �t� surprise, quand je suis venue me pr�senter au bac � Ouagadougou, de trouver des professeurs qui ignoraient compl�tement l'existence du braille, se demandant m�me ce que nous faisions dans ce centre d'examen. Aussi, quand l'occasion m'a �t� donn�e de faire du journalisme, j'ai voulu travailler sur ce sujet pour faire conna�tre cette �criture, notamment dans son application au syst�me �ducatif �, pr�cise l'imp�trante.
Avec son directeur de m�moire, Baba Hama, sa relation a �t� tout � fait normale car il n'a pas tenu compte de son handicap. � Elle avait d�j� les rudiments du journalisme. Ses principales difficult�s �taient de trouver un accompagnateur pour ses rendez-vous avec des personnes ressources et la n�cessit� d'une aide au plan technique pour manipuler le dictaphone, les �quipements dont nous disposons ici n'�tant pas encore adapt�s �, a d�clar� M. Hama. Et le secr�taire g�n�ral de l'institut, Ars�ne Evariste Kabor� ajoute : � C'�tait une premi�re exp�rience. Nous sommes en discussion avec l'ABPAM (l'un des partenaires de la CSI au Burkina, NDLR), pour l'adaptation du mat�riel, car nous avons deux autres handicap�s visuels en premi�re ann�e. Et nous tenons � ce qu'ils se sentent comme les autres. �
Pour Tania Tindano, entrer dans le journalisme signifiait que le handicap n'est pas une fatalit� et qu'on peut travailler et servir son pays malgr� cette situation.
Hanifa Koussoub,
Extrait de Lefaso.net, 23 juin 2022
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Ingr�dients (pour 3 personnes)
Pr�paration
Couper le poivron et hacher 1 oignon.
�craser finement la tomate, l�ail et le 2�me oignon.
Couper les aubergines en quatre.
Dans une casserole faire revenir les morceaux de poulet dans un filet d�huile.
Pendant ce temps m�langez la p�te d�arachide avec environ 100 ml d�eau, jusqu�� l�obtention d�une cr�me.
Dans l�huile qui a servi � faire sauter le poulet, ajouter le 2�me oignon hach� finement et laisser cuire environ 2 mn.
Ajouter la tomate, les aubergines, m�langer et laisser cuire pendant 5 mn environ, puis ajouter la cr�me d�arachide.
Ajouter les morceaux de poulet.
Selon la consistance, ajouter 2 ou 3 verres d�eau.
Couvrir et laisser cuire pendant 25 mn.
Voil�, votre azin dessi est pr�t !!!